Corps d’état, de Marco Baliani.

Nom de l’auteur: Marco Baliani .
Nom du traducteur: Olivier Favier
Titre original: Corpo di stato, il delitto Moro.
Titre français: Corps d’état, l’affaire Moro.
Année d’écriture:1998
Année de traduction:2004

Édition en langue originale: Marco Baliani, Corpo di stato, Il delitto Moro, Milan, Rizzoli, 2003.

Édition en français: texte à paraître en français aux éditions de l’Amandier en 2012 (traduction soutenue par le Centre national du livre).

Quelques mots sur la pièce

Corps d’État a été écrit et créé en 1998, vingt ans après l’assassinat d’Aldo Moro par les Brigades Rouges. La première de ce spectacle a eu lieu devant un public restreint, deux cents personnes, mais a été retransmise en direct sur la Rai 2. Le décor lui aussi n’avait rien de banal : parmi les ruines du forum impérial, Marco Baliani se tenait à quelques pas des marches où Jules César avait été assassiné.  Quel sens pouvait-il y avoir à raconter cette histoire qui avait sonné la fin, sinon des années de plomb, du moins des idéaux de la contestation ? Marco Baliani n’avait pu se poser en concurrent de l’historien 1 , dans les dimensions forcément réduites d’un texte théâtral. Devant son désarroi, son épouse lui conseilla ainsi de ne pas se perdre dans l’immense documentation disponible : « Il faut être sincères [...] et raconter seulement les choses vraiment vécues, en cherchant à nous souvenir de ce que nous étions avec nos sentiments, nos slogans, nos désirs ». Voilà pourquoi, en parallèle du récit de la mort d’Aldo Moro, est racontée celle d’un ami de l’auteur, Peppino Impastato, abattu le même jour par la mafia sicilienne, un personnage rendu célèbre par le film I cento passi. À côté de la grande Histoire, Marco Baliani cherche à retrouver ce qu’il a fait, ce qu’il a pensé à tel ou tel moment, ses échanges, son quotidien.
L’autre interrogation majeure qui, par la suite, définira le théâtre-récit, concerne l’appropriation d’événements récents, perçus comme une tragédie. « D’habitude au théâtre, nous ne racontons pas notre passé proche, c’est toujours très risqué, nous manquons de recul, mais 1978 paraît bien loin quand nous voyons combien le monde a changé. Il semble que le temps écoulé soit beaucoup plus long que le temps réellement parcouru, et peut-être en est-il vraiment ainsi ; que savons-nous du temps, après tout ? »  Le risque, néanmoins, sera assumé jusqu’au bout. Comme dans la tragédie classique, la mort est annoncée d’emblée, le chemin qui y mène est raconté ensuite. Et comme dans la tragédie justement, tout paraît joué d’avance, il n’y a plus qu’à revivre les faits. La catharsis naît de cet étonnement, devant la vie et la mort du leader de la Démocratie Chrétienne : « Comme c’est étrange, j’avais en face de moi la figure d’un chrétien croyant ; pourtant mon regard laïc et non croyant ne voyait pas une rédemption mais le Destin. »

Distribution:1 h (le narrateur).

Autres pièces de l’auteur traduites en Français: Kohlhaas  (extrait)

Création(s) de la pièce en Italie: sur les marches du Forum, lieu supposé de la mort de Jules César, Rome, 1998 -retransmission télévisée en direct sur la RAI 2.
Extrait de la pièce: voir un extrait sur on ne dormira jamais.

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